samedi 14 septembre 2013

Grès de Nepean à Gatineau



Falaise de grès de Nepean de la Laurin Silica Property, à Gatineau, boul. de l'Hôpital, sous le parc de l'Oasis. Photo juin 2011.



Le présent billet n'a pour but que de nourrir une discussion avec une de mes connaissances sur l'escarpement de grès de Nepean à Gatineau, en face du Centre hospitalier de Gatineau, boul. de l'Hôpital. [Ajout 4 oct. 2013. – L'escarpement forme la limite ouest du parc de l'Oasis.] Je donnerai donc les faits avec le minimum de mise en contexte et de développement.

Le grès du boul. de l'Hôpital parc de l'Oasis appartient à la Formation de Nepean, la même que l'on retrouve plus à l'est, au lac Beauchamp, au dessus de la discordance Protérozoïque-Paléozoïque (billet du 23 janvier 2011 : «Lac Beauchamp : un milliard d'années inscrites dans la roche»).

La Formation de Nepean («Potsdam sandstone» dans le texte de Cole et Carnochan, 1934) s'est déposée du Cambrien moyen à l'Ordovicien inférieur (515 - 470 millions d'années) sur le fond et les marges d'un bras de mer qui gagnait sur le Bouclier canadien (Sandford et Arnott, 2010).

Selon Cole et Carnochan (1934 ; p. 3) :

«Along the foot of the escarpment running along the north side of the Ottawa River between Buckingham and Gatineau Point, Quebec, are a number of outcrops of Potsdam sandstone that hold possibilities for commercial exploitation for the production of silica sand and for building stone.»

Le grès du lac Beauchamp était déjà en exploitation à l'époque (Ottawa Silica Sandstone Co., voir la partie est de la carte plus bas ; voir aussi le billet du 8 janvier 2011 : «Lac Beauchamp : un peu d'histoire»). De l'avis de Cole et Carnochan, le site de la Laurin Silica Property (longée par l'actuel boul de l'Hôpital ; voir partie ouest de la carte) était favorable à l'implantation d'une carrière de pierre de taille. Aucun geste concret ne semble avoir suivi la publication de leur étude. Les résultats de leurs analyses permettaient d'espérer pouvoir produire de la silice suffisamment libre de fer pour l'industrie du verre. On sait que c'était déjà le cas au lac Beauchamp (billet du 8 janvier 2011, lien plus haut).




Carte de Cole et Carnochan (1934). Cliquer sur l'image pour l'afficher à ses pleines dimensions.



Description du site

(Mon adaptation du texte anglais de Cole et Carnochan)

Le site nommé dans le texte «Laurin Silica Property» est situé sur le lot 25, Rang II, comté de Templeton, sur la ferme de X. Laurin*.

* (Ajout, 15 sept. 2013) Xavier Laurin, selon un de ses petits-neveux.

L'escarpement de grès qui, dans son extrémité sud, atteint 20 pieds (6 m) au dessus de la plaine argileuse, gagne en hauteur vers le nord où il disparait sous l'épais manteau de sol meuble. Le sommet de l'escarpement forme un plateau rocheux dénudé et uni d'une superficie de 12 acres (5 hectares).

La grès est friable, de grain moyen à fin ; les grains de quartz sont arrondis à subanguleux. La roche, très blanche, est maculée ici et là par des taches jaune clair à brunâtres. Aucune pyrite n'a cependant été observée en surface.

Les lits varient de quelques pouces à plusieurs pieds en épaisseur. Des blocs de dimensions suffisante pour la production de pierre de taille pourraient facilement être obtenus.




Falaise de grès de Nepean, boul. de l'Hôpital. La surface altérée permet d'entrevoir des laminations entrecroisées (dunes de sable, voir texte du CIGG plus bas). Photo juin 2011.



Ajout (5 oct. 2013). – Par considération pour les lecteur du blogue, je place ici un meilleur exemple de laminations entrecroisées, en tout cas, un exemple plus lisible. Quelques laminations sont soulignées, image ci-dessous. Certaines lignes parallèles horizontales sont des joints dans la roche, et non des laminations, ne pas confondre. Même falaise que la photo précédente, 500 m plus au nord.



Lac Beauchamp


À propos du grès du lac Beauchamp, de la même formation que celui décrit plus haut (CIGG, 2003 ; p. 96-97 ; voir billet du 23 janvier 2011, lien plus haut) :

«Deux types de roches sédimentaires sont présents. Premièrement, un conglomérat basal d’une dizaine de centimètres d’épaisseur qui se retrouve au dessus du gneiss. Le conglomérat est composé d’un amalgame de fragments arrondis de roches du bouclier précambrien. Deuxièmement, tout de suite au-dessus de ce conglomérat se retrouve le grès quartzeux de la Formation de Nepean d’une épaisseur de cinq mètres. Un grès est une roche sédimentaire composée de grains arrondis de la taille de grains de sable. Les grains de sable sont composés de quartz et sont cimentés ensemble par du quartz, ce qui en fait une roche très dure. Des structures sédimentaires sont visibles dans le grès et informent sur le milieu de déposition de ces sables quartzeux. La présence de laminations entrecroisées, typiques de dunes de sable et la présence de terriers fossiles de Diplocraterion et de Skolithos suggèrent que ces sables se sont mis en place dans un milieu profond près d’une plage.»



Il y a une suite (26 sept. 2013).


Références

  • CIGG, Centre d'Interprétation de la géologie du Grenville, Plan de développement intégré : sites et circuits du patrimoine naturel de la région de l'Outaouais, 2003, pages 96-97.
  • L.H. Cole et R.K. Carnochan, «Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec», in : Report No. 735, Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, Depart. of Mines, Canada Mines Branch, 1934, p. 3-6.
  • Sanford, B.V. et Arnott, R.W.C., Stratigraphic and structural framework of the Potsdam Group in eastern Ontario, western Quebec, and northern New York State, Commission géologique du Canada, Bulletin 597, 2010, 83 p. (+ cartes)

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